La permaentreprise

permaculture

La permaentreprise un concept inspiré de la permaculture
Interview RCF, l’éco des solution, Patrick Lonchampt

ÉCOUTER

Repenser l’agriculture et agir

Amandes

Avec Amasisa, l’économie sociale et solidaire et l’agriculture durable font bon ménage.
L’un des derniers projets de l’entreprise Amandera – lancé en 2019 dans le Pays d’Aix – vise un modèle de verger d’amandiers résilient.

Article de « L’Agriculteur provençal » du vendredi 24 septembre 2021
agriculteur-provencal-24092021
Voir l’article (PDF)

Des amandes provençales pour repenser l’agriculture

Champs amandiers

Article de www.laprovence.com du 23 juillet 2021

Sous le soleil de juillet, les rangées d’arbres se succèdent, l’une après l’autre. Les amandiers s’alignent sur vingt-deux hectares avant de laisser place à la lavande du champ voisin. Ils ont été plantés en 2019 par la société aixoise Amandera: « Ici, nous sommes au coeur de l’amande française, ça avait énormément de sens de s’installer là », raconte Rémy Frissant, cofondateur et directeur général d’Amandera. Ce fils de producteurs d’amandes à Perpignan a suivi les traces familiales en plantant son verger à Aix-en-Provence, à quelques différences près…
La provence 2021

Quelle finance pour l’agriculture régénérative ?

En France Métropolitaine
Entre aides publiques, prêts bancaires et financements innovants, l’agriculture française et européenne possède une variété de mécanismes pour se financer. Le financement de l’agriculture présente cependant des différences majeures avec d’autres secteurs productifs qui tiennent à la nature même de l’activité agricole. Ces différences sont d’autant plus ressenties lorsque les projets agricoles sont innovants, respectueux de l’environnement et de petite et moyenne échelle.

Les fonds de la Politique Agricole Commune (PAC) : moteur à géométrie variable du financement agricole

Plus ancienne politique commune au niveau Européen la PAC a pris plusieurs formes depuis sa mise en place en 1962. Son objectif premier était l’autosuffisance alimentaire de l’Europe dans les années 70 et 80, l’incitation étant donc à l’augmentation de la productivité. C’est ainsi que l’Union Européenne et la France se sont donc retrouvées en excédent de certains produits laitiers et de protéines animales. En 1992, la PAC a changé de critères et ne rémunère désormais plus en fonction de la productivité mais en fonction de la taille des exploitations. Les exploitations qui perçoivent le plus d’aides sont donc celles qui ont le plus souvent recours à la mécanisation et aux intrants chimiques. D’une certaine manière, la PAC accompagne d’avantage l’agriculture conventionnelle et les exploitations les plus susceptibles d’endommager l’environnement.

Actuellement, 9 milliards d’euros sont perçus chaque année par la France, pays qui touche le plus de subventions de la PAC. Ce montant, s’il est conséquent d’un point de vue financier, cache aussi une réalité effrayante : près de la moitié des exploitations françaises serait en déficit sans les subventions de la PAC.

D’autre part, il est important de rappeler que des mécanismes de financement de projets agricoles respectueux de l’environnement à petite et moyenne échelle existent au sein de la PAC. Mais les formalités pour obtenir ces aides pour l’agroforesterie par exemple, sont extrêmement complexes et inadaptées aux exploitations de petite et moyenne taille. Cela rend donc difficile l’obtention de ces aides, alors que ce sont des initiatives qui vont dans le sens d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

En France Métropolitaine
Amandiers Aix En Provence

Agriculture durable & prêts bancaires conventionnels : deux mondes qui ne parlent pas la même langue.

Il n’y a pas de problème de financement de l’agriculture conventionnelle en France aujourd’hui. L’accès à des prêts à des taux compétitifs est assuré par les banques. Un agriculteur français emprunte à un taux d’environ 1,5% selon le Crédit Agricole, ce qui est bien en dessous de la moyenne européenne. Le problème est qu’il faut désormais engager de lourds investissements pour pouvoir se lancer. Selon Christophe Roubin, directeur de l’Agriculture au sein du Crédit Agricole, « il faut, pour initier une activité de production laitière de 300 000 litres, un ticket d’entrée minimum de 600 000 euros. » Ceci illustre de façon concrète comment l’écosystème de financement de l’outil de production agricole favorise les grandes exploitations et leur démarche productiviste.

Ce qui est vrai pour l’agriculture conventionnelle ne l’est pas forcément pour l’agriculture régénératrice dont les spécificités restent aujourd’hui mal valorisées par les acteurs financiers. Les différentes techniques mises en œuvre dans le cadre d’une agriculture régénératrice nécessitent généralement un temps supplémentaire avant de pouvoir retrouver une production résiliente. Cette notion de résilience, dont les effets positifs sur l’environnement, le social et l’économie se perçoivent dans la durée, est devenue un enjeu majeur dans un contexte d’incertitude climatique et sociale. Il va donc devenir nécessaire d’adapter l’échelle de temps des modèles de financement associé aux cultures pérennes notamment de manière à permettre la mise en place de modèles agricoles vertueux.

Le financement participatif et solidaire : une solution pour les projets agricoles alternatifs

Le financement participatif sur des plateformes telles que WiSEED par exemple, joue un rôle nouveau dans le développement d’une agriculture alternative. La France est l’un des pays qui épargne le plus en Europe et dans le monde avec près de 15% des revenus bruts qui sont thésaurisés. Il devient donc pertinent de proposer à cette épargne le financement de projets agricoles innovants et respectueux de l’environnement. Dans un contexte où les attentes en matière d’alimentation et de santé sont de plus en plus exigeantes, ces nouveaux modes de financement permettent de rapprocher agriculteurs et consommateurs.

C’est justement un des leviers que nous utilisons pour financer Amandera, société de l’économie sociale et solidaire qui transforme des sols agricoles dégradés en écosystèmes vivants et respectueux de la biodiversité.

Nous sommes partis du constat que le modèle agricole dominant actuel est incompatible avec les enjeux socio-environnementaux de notre temps et proposons de construire les projets agricoles qui répondent aux défis climatiques et économiques de ce siècle.

Vous pouvez donc participer à cette transformation à travers notre campagne WiSEED, accessible sur le lien suivant : https://www.wiseed.com/fr/projet/33115123-amandera

Alexandre
Alexandre Muller
Chargé de projets Forest Finance

Champignons, Champions

Mycélium

Parmi les cinq règnes du vivant, celui des champignons est probablement l’un des plus extraordinaires. En effet, ces organismes sont aussi fascinants que mystérieux, et certains sont de véritables clés de voûte de notre écosystème terrestre.

Savez-vous que l’on doit aux champignons certains antibiotiques, comme la pénicilline ? Ou encore que le plus gros organisme vivant du monde est un champignon ? il s’agit plus précisément d’un Armillaria dont les ramifications presque microscopiques couvrent plus de 37 hectares, pèsent plus de 400 tonnes, et ont probablement plus de 2500 ans.

Car si nous connaissons des champignons leurs parties aériennes (les sporophores), certaines très recherchées et prisées des gourmets (cèpes, girolles), ces dernières ne sont que la partie « émergée » et infime d’un vaste entrelacs souterrain de filaments, le mycélium. Chaque filament, appelé hyphe, peut s’allonger de plusieurs centimètres par jour (bien plus rapide qu’une racine de plante), explorant ainsi des surfaces et des volumes considérables de sol et de bois.

Boletus edulis, le fameux cèpe de Bordeaux
Boletus edulis, le fameux cèpe de Bordeaux
Mycélium
Mycélium

Certains champignons sont capables d’entrer en relation avec les racines des plantes et des arbres qu’ils rencontrent, s’associant parfois intimement et créant des symbioses. Étant donné sa taille parfois très importante, le réseau de mycélium d’un champignon peut créer des connexions avec plusieurs arbres, plusieurs plantes, de plusieurs espèces différentes. Une mise en réseau bénéfiques à tous : les champignons sont capables d’explorer rapidement volumes de sol plus importants, de de mobiliser des nutriments dont la plante a besoin (le phosphore par ex.), de lutter contre des pathogènes. En retour, les champignons reçoivent du carbone, produit de la photosynthèse.

Mais les champignons ont un rôle encore plus fondamental.

La principale source d’énergie primaire de notre planète nous vient directement du soleil. Sur les zones terrestres, cette énergie lumineuse est en partie captée par les plantes, qui l’utilisent via la photosynthèse pour fabriquer leurs propres tissus, qui servent ensuite de nourriture et de « carburant » à toute la chaine trophique du vivant. Certains de ces tissus et produits de la photosynthèse, comme la cellulose, sont faciles à dégrader et sont facilement « consommés » par une kyrielle d’êtres vivants, champignons ou bactéries.
Mais il est un tissu pratiquement indestructible : la lignine, dont sont faits les troncs d’arbres, les branches, le principal composant du bois. Pratiquement aucun organisme ne peut venir à bout de la lignine, excepté… certains super-champignons ! Appelés « pourritures blanches », ils sont les seuls à pouvoir dégrader le bois et le rendre disponible au reste du vivant. Et donc à assurer le bon déroulement du cycle du carbone contenu dans le bois : ils sont le trait d’union entre les arbres, les forêts, et le reste du vivant.

Rien que ça !

Chapeau, les champignons !

Nous avons intégré au sein de notre modèle agricole des pratiques qui préservent et favorisent la présence de champignons.

Si cette démarche vous intéresse, n’hésitez pas à rejoindre notre aventure sur le lien suivant : https://bit.ly/3khrhMO

Augustin Fromageot
Naturaliste / AMANDERA

Abeilles de vert

Le Syrphe Eupeodes corollae

Les pollinisatrices de nos jardins et de nos campagnes

Dès les premiers frémissements printaniers de la nature, une multitude de bestioles volantes investissent jardins, forêts et campagnes, dans un grand ballet aérien rythmé par le soleil et l’épanouissement des fleurs.

Les abeilles domestiques, Apis mellifera, sont au-devant de la scène, dans une conscience collective grandissante de l’importance cruciale de ces ouvrières dans la pollinisation d’une grande partie de nos plantes cultivées. Mais savez-vous que ces abeilles ne forment qu’une infime partie de la communauté d’insectes pollinisateurs que nous côtoyons quotidiennement ?

Qui n’a pas déjà observé cet « espèce de grosse guêpe noire », « un frelon ? », « un bourdon » ? ou encore ces petites « guêpes » qui font du surplace ?

L'abeille domestique, Apis mellifera
L'abeille domestique, Apis mellifera
L'abeille charpentière Xylocope violacea
L'abeille charpentière Xylocope violacea

Il existe en France pas moins de 831 espèces d’abeilles sauvages décrites (plus de 18 000 dans le monde). La plupart ne forment pas de colonies, et mènent des vies solitaires courtes (quelques semaines), le temps de se reproduire, de construire une petite loge pour ses œufs, et de stocker des réserves nutritives pour sa progéniture. 70% des abeilles solitaires vivent dans le sol, 30% vivent dans des trous de bois, dans des tiges de plantes, dans des anfractuosités de roches ou de béton. Selon la façon dont elles bouchent leurs loges, elles sont appelées maçonnes (trous bouchés par de la terre ou de l’argile, comme les Osmia), tapissières (trous bouchés par des feuilles de plantes), charpentières (trous dans le bois. La « grosse guêpe noire » est en fait une abeille charpentière !), cotonnières (fibres végétales comme bouchon), résine (utilisation de résines de conifères pas ex.).

Elles sont toutes des pollinisatrices très efficaces, certaines s’activant à des températures très basses (contrairement à l’abeille domestique qui sort quand les températures dépassent les 10-15°C) et donc émergeant très tôt dans la saison. Par ailleurs, certaines possèdent des langues très longues pour aller chercher le nectar dans des fleurs allongées que ne peuvent pas visiter les insectes à langue courte.

Il existe par ailleurs en France 34 espèces de bourdons, plus gros et trapus, vivant dans le sol et s’activant aussi à relativement basse température. Ils font partis des premiers insectes dans nos jardins. Et aussi environ 500 syrphes, ces fameuses « guêpes » qui font du surplace, en fait des insectes absolument inoffensifs de la famille des diptères (mouches), et dont les larves se régalent de pucerons.

L'abeille maçonne Osmia cornuta
L'abeille maçonne Osmia cornuta
Le Syrphe Eupeodes corollae
Le Syrphe Eupeodes corollae

Tous ces insectes ont des rôles très divers dans la nature, de la pollinisation à la régulation de certains autres insectes. Ils sont des auxiliaires, des alliés de nos jardins et de nos cultures, et ils forment un univers absolument passionnant qu’il est nécessaire de protéger ou de reconstruire.

Ayant conscience de l’urgence de protéger ces espèces, nous avons intégré au sein de notre modèle agricole des habitats pour les insectes. Si cette démarche vous intéresse, n’hésitez pas à rejoindre notre aventure sur le lien suivant: https://bit.ly/3khrhMO

Pour aller plus loin :

https://www.insectes-france.fr
https://www.abeillessauvages.com

Augustin Fromageot
Naturaliste / AMANDERA

Le commerce équitable Nord-Nord pour développer l’agroécologie

Commerce équitable

En 2014, la loi n° 2014-344 relative à la consommation, dite « loi Hamon » a été votée. Son but étant de mettre en place des outils économiques pour “rééquilibrer les pouvoirs entre consommateurs et professionnels” et de mettre l’accent sur la traçabilité des produits agricoles et agroalimentaires. Reconnaître le commerce équitable Nord-Nord a été une grande avancée pour le secteur. Il faut cependant aller au-delà et mettre le commerce équitable Nord-Nord au service du développement de l’agroécologie.

En 1950 La France avait besoin d’agriculteurs pour s’alimenter. Aujourd’hui l’agriculteur a de nouvelles responsabilités. Il doit aussi prendre soin de la fertilité de notre terre, limiter l’érosion des sols, implanter des haies, créer des zones humides, assurer un retour et le maintien de la biodiversité dans un contexte de marché qui ne valorise pas la protection de la biodiversité, ou la production de matière organique.

Pour aider l’agriculture à se renouveler, nous avons besoin d’une démocratisation du commerce équitable agroécologique, qui permette d’intégrer dans le prix d’achat le coût de production d’écosystèmes résilients, productifs et séquestrateurs de carbone.

Cette agriculture en perpétuelle construction s’inspire des méthodes de l’agriculture biologique, de conservation, traditionnelle, ou encore de l’agroforesterie. Mais elle a un coût, car nous avons globalement trop simplifié nos territoires. Une très grande majorité des terres fertiles sont utilisées comme des usines dans lesquelles nous optimisons le moindre espace dans le seul but d’en retirer toujours plus de volumes commercialisables sans tenir compte des conséquences à court et moyen terme sur l’environnement.

Dans la continuité des fondateurs de l’agriculture biologique et du commerce équitable, le commerce équitable agroécologie est la philosophie que nous avons choisie chez Amandera pour construire l’agriculture de demain.

Rejoignez notre aventure sur le lien suivant: https://bit.ly/3khrhMO

Pour aller plus loin:

Rémy
Rémy FRISSANT
AMANDERA

Arbre fruitier : formes libres et formes jardinées

Taille de fructification du pommier

Qui n’a pas en tête l’image d’un vieux pommier ou un vieux cerisier croisé au détour d’un jardin ou d’un pré ? Ils dégagent souvent une grande beauté avec leur ramure en bataille et désordonnée. Et puis il y a aussi ces poiriers dont les branches se déploient le long des murs et des palisses selon une géométrie parfaite et calculée, ces formes que l’on appelle « jardinées » rencontrées dans les jardins patrimoniaux « à la Française ».
Comment conduire un arbre fruitier ? Pourquoi certains sont laissés pratiquement sans intervention pour acquérir une forme dite libre, et pourquoi d’autres sont menés par la taille vers des formes choisies ?

Poiriers menés en croisillons au Potager du Roi à Versailles
Poiriers menés en croisillons au Potager du Roi à Versailles
Pommier de plein vent en bordure de pré
Pommier de plein vent en bordure de pré

Arbre champêtre, verger ancien, verger moderne, jardin

L’arbre fruitier trouve sa place dans la plupart de nos espaces verts, y compris urbains. Cependant, certaines attentes ou contraintes peuvent conditionner le choix de la forme de l’arbre : place disponible, objectif de production, densité de plantation, recherche esthétique, etc.
L’arbre champêtre est la forme la plus libre et la plus ancienne qu’un arbre fruitier puisse avoir : sans voisins, il peut grandir, prendre de l’espace, se déployer pour donner des formes dites « de plein vent ». Il est planté depuis des centaines d’années dans les prés, dans les champs, dans les haies, il fait partie de notre histoire et est un élément indispensable de nos paysages. Aujourd’hui, son rôle est plus patrimonial et écologique (rôle majeur !) qu’économique, la récolte ne pouvant se faire que manuellement.
Dans un verger, il n’y a pas un mais de multiples arbres fruitiers, et l’objectif reste une certaine productivité. Les arbres sont conduits vers des formes moins volumineuses pour éviter que les arbres ne se gênent, et permettre un entretien et une récolte facilités. Dans les vergers anciens, ce sont des formes dites « basses et moyennes tiges », et dans les vergers modernes les arbres sont formés en gobelet, en fuseau, en vase, et de plus en plus souvent en formes jardinées comme les cordons (verticaux et horizontaux) ou les palmettes (au sein de haies fruitières). Ces formes permettent de densifier les vergers, tout en optimisant la lumière, nécessaire au bon développement des arbres, et tout en permettant une certaine mécanisation.
Dans un jardin ou un espace urbain, la contrainte principale est l’espace limité. Depuis le XVIIe siècle, les jardiniers exploitent les surfaces verticales et les espaces étroits pour implanter des arbres fruitiers menés selon des formes dirigées complexes, souvent planes. Les noms de ces formes sont aussi divers que poétiques : Palmette à la diable, U simple, U double, Trident, Arcure, Candélabre, Croisillon. Chaque taille a ses avantages et ses inconvénients, mais le point commun est une grande nécessité d’entretien. Les conditions particulières offertes par les murs (lumière, protection contre le vent, chaleur rayonnante) permettent d’implanter certaines variétés dans des régions où le climat ne leur est normalement pas propice (pêchers à Montreuil, abricotiers à Versailles, etc.).

Variétés et porte-greffe

Les arbres fruitiers que nous connaissons sont le résultat de centaines voire milliers d’années de patiente sélection. Ainsi, nous comptons plus de 20 000 variétés de pommiers, il y en a pour tous les goûts et pour tous les usages !
Chaque variété d’arbre fruitier présente des caractéristiques particulières, de fruit bien entendu, mais aussi de vigueur, d’adaptabilité à certains paramètres du sol, à certaines conditions climatiques, etc. Toute les formes ne sont pas envisageables ! Certains cultivars se mènent bien en formes jardinées, d’autres sont adaptés au plein vent.
Par ailleurs, ces variétés, pour être préservées, sont greffées, c’est-à-dire intimement soudée à une autre plante qui fournira les racines adaptées au terrain d’implantation, appelée « Porte-greffe ». La nature de ce porte-greffe détermine notamment la vigueur de l’arbre à venir. Certains sont dits « nanifiants », ayant pour but de diminuer la taille des arbres fruitiers et de les adapter à une forme palissée. D’autres sont au contraire très vigoureux, et permettent d’obtenir des arbres de plein vent, rustiques et résistants.

Amandier sur porte-greffe nanifiant Rootpac 40
Amandier sur porte-greffe nanifiant Rootpac 40
Amandiers haute-tige sur porte-greffe GF 677
Amandiers haute-tige sur porte-greffe GF 677
Taille de fructification du pommier
Taille de fructification du pommier

Les différentes tailles

Il existe quatre grands types de taille : (1) la taille de formation, durant les premières années de l’arbre, qui consiste à donner à l’arbre en devenir la forme voulue. Cette taille est très légère pour des arbres de plein vent, elle doit être très précise pour les formes jardinées ; (2) La taille d’entretien, réalisée chaque année l’hiver, consiste à éclaircir la ramure, empêcher que trop de branches ne se croisent (ce qui peut blesser l’arbre), maintenir la forme voulue ; (3) la taille de fructification, qui comme sont nom l’indique stimule la floraison et la mise à fruit de l’arbre (par suppression de certains rameaux) ; Et enfin (4) la taille sanitaire, lorsqu’un arbre est malade ou attaqué par un ravageur, et que certaines branches touchées menacent de le faire mourir.

La forme des arbres, élément de paysages et expression de cultures

La diversité des formes données aux arbres fruitiers est aussi l’expression de l’histoire de nos campagnes. Ce sont les traditions, le climat, la géographie et certains évènements historiques qui ont orientés certaines pratiques et modes de conduite. Ainsi retrouve-t-on des noyers en haute-tige en Isère, des cerisiers en vase à six branches dans le Lubéron, des amandiers en gobelet sur le plateau de Valensole dans les Alpes de Haute-Provence, ou encore des pommiers en cordon dans la vallée du Rhône. Diversité des cultures humaines, diversité des cultures agricoles, cela fait partie d’une Bio-diversité qu’il est nécessaire de préserver, car constitutive de la richesse de nos paysages.

Rejoignez nous sur le lien suivant: https://bit.ly/3khrhMO

Augustin Fromageot
Forest Finance/Amandera