Champignons, Champions

Mycélium

Parmi les cinq règnes du vivant, celui des champignons est probablement l’un des plus extraordinaires. En effet, ces organismes sont aussi fascinants que mystérieux, et certains sont de véritables clés de voûte de notre écosystème terrestre.

Savez-vous que l’on doit aux champignons certains antibiotiques, comme la pénicilline ? Ou encore que le plus gros organisme vivant du monde est un champignon ? il s’agit plus précisément d’un Armillaria dont les ramifications presque microscopiques couvrent plus de 37 hectares, pèsent plus de 400 tonnes, et ont probablement plus de 2500 ans.

Car si nous connaissons des champignons leurs parties aériennes (les sporophores), certaines très recherchées et prisées des gourmets (cèpes, girolles), ces dernières ne sont que la partie « émergée » et infime d’un vaste entrelacs souterrain de filaments, le mycélium. Chaque filament, appelé hyphe, peut s’allonger de plusieurs centimètres par jour (bien plus rapide qu’une racine de plante), explorant ainsi des surfaces et des volumes considérables de sol et de bois.

Boletus edulis, le fameux cèpe de Bordeaux
Boletus edulis, le fameux cèpe de Bordeaux
Mycélium
Mycélium

Certains champignons sont capables d’entrer en relation avec les racines des plantes et des arbres qu’ils rencontrent, s’associant parfois intimement et créant des symbioses. Étant donné sa taille parfois très importante, le réseau de mycélium d’un champignon peut créer des connexions avec plusieurs arbres, plusieurs plantes, de plusieurs espèces différentes. Une mise en réseau bénéfiques à tous : les champignons sont capables d’explorer rapidement volumes de sol plus importants, de de mobiliser des nutriments dont la plante a besoin (le phosphore par ex.), de lutter contre des pathogènes. En retour, les champignons reçoivent du carbone, produit de la photosynthèse.

Mais les champignons ont un rôle encore plus fondamental.

La principale source d’énergie primaire de notre planète nous vient directement du soleil. Sur les zones terrestres, cette énergie lumineuse est en partie captée par les plantes, qui l’utilisent via la photosynthèse pour fabriquer leurs propres tissus, qui servent ensuite de nourriture et de « carburant » à toute la chaine trophique du vivant. Certains de ces tissus et produits de la photosynthèse, comme la cellulose, sont faciles à dégrader et sont facilement « consommés » par une kyrielle d’êtres vivants, champignons ou bactéries.
Mais il est un tissu pratiquement indestructible : la lignine, dont sont faits les troncs d’arbres, les branches, le principal composant du bois. Pratiquement aucun organisme ne peut venir à bout de la lignine, excepté… certains super-champignons ! Appelés « pourritures blanches », ils sont les seuls à pouvoir dégrader le bois et le rendre disponible au reste du vivant. Et donc à assurer le bon déroulement du cycle du carbone contenu dans le bois : ils sont le trait d’union entre les arbres, les forêts, et le reste du vivant.

Rien que ça !

Chapeau, les champignons !

Nous avons intégré au sein de notre modèle agricole des pratiques qui préservent et favorisent la présence de champignons.

Si cette démarche vous intéresse, n’hésitez pas à rejoindre notre aventure sur le lien suivant : https://bit.ly/3khrhMO

Augustin Fromageot
Naturaliste / AMANDERA

Abeilles de vert

Le Syrphe Eupeodes corollae

Les pollinisatrices de nos jardins et de nos campagnes

Dès les premiers frémissements printaniers de la nature, une multitude de bestioles volantes investissent jardins, forêts et campagnes, dans un grand ballet aérien rythmé par le soleil et l’épanouissement des fleurs.

Les abeilles domestiques, Apis mellifera, sont au-devant de la scène, dans une conscience collective grandissante de l’importance cruciale de ces ouvrières dans la pollinisation d’une grande partie de nos plantes cultivées. Mais savez-vous que ces abeilles ne forment qu’une infime partie de la communauté d’insectes pollinisateurs que nous côtoyons quotidiennement ?

Qui n’a pas déjà observé cet « espèce de grosse guêpe noire », « un frelon ? », « un bourdon » ? ou encore ces petites « guêpes » qui font du surplace ?

L'abeille domestique, Apis mellifera
L'abeille domestique, Apis mellifera
L'abeille charpentière Xylocope violacea
L'abeille charpentière Xylocope violacea

Il existe en France pas moins de 831 espèces d’abeilles sauvages décrites (plus de 18 000 dans le monde). La plupart ne forment pas de colonies, et mènent des vies solitaires courtes (quelques semaines), le temps de se reproduire, de construire une petite loge pour ses œufs, et de stocker des réserves nutritives pour sa progéniture. 70% des abeilles solitaires vivent dans le sol, 30% vivent dans des trous de bois, dans des tiges de plantes, dans des anfractuosités de roches ou de béton. Selon la façon dont elles bouchent leurs loges, elles sont appelées maçonnes (trous bouchés par de la terre ou de l’argile, comme les Osmia), tapissières (trous bouchés par des feuilles de plantes), charpentières (trous dans le bois. La « grosse guêpe noire » est en fait une abeille charpentière !), cotonnières (fibres végétales comme bouchon), résine (utilisation de résines de conifères pas ex.).

Elles sont toutes des pollinisatrices très efficaces, certaines s’activant à des températures très basses (contrairement à l’abeille domestique qui sort quand les températures dépassent les 10-15°C) et donc émergeant très tôt dans la saison. Par ailleurs, certaines possèdent des langues très longues pour aller chercher le nectar dans des fleurs allongées que ne peuvent pas visiter les insectes à langue courte.

Il existe par ailleurs en France 34 espèces de bourdons, plus gros et trapus, vivant dans le sol et s’activant aussi à relativement basse température. Ils font partis des premiers insectes dans nos jardins. Et aussi environ 500 syrphes, ces fameuses « guêpes » qui font du surplace, en fait des insectes absolument inoffensifs de la famille des diptères (mouches), et dont les larves se régalent de pucerons.

L'abeille maçonne Osmia cornuta
L'abeille maçonne Osmia cornuta
Le Syrphe Eupeodes corollae
Le Syrphe Eupeodes corollae

Tous ces insectes ont des rôles très divers dans la nature, de la pollinisation à la régulation de certains autres insectes. Ils sont des auxiliaires, des alliés de nos jardins et de nos cultures, et ils forment un univers absolument passionnant qu’il est nécessaire de protéger ou de reconstruire.

Ayant conscience de l’urgence de protéger ces espèces, nous avons intégré au sein de notre modèle agricole des habitats pour les insectes. Si cette démarche vous intéresse, n’hésitez pas à rejoindre notre aventure sur le lien suivant: https://bit.ly/3khrhMO

Pour aller plus loin :

https://www.insectes-france.fr
https://www.abeillessauvages.com

Augustin Fromageot
Naturaliste / AMANDERA