Répondons à l’appel de la forêt

Répondons à l’appel de la forêt

Le 8ème Forum Social Pan-amazonien se déroulait du jeudi 28 Avril au lundi 1er Mai à Tarapoto, dans la province amazonienne de San Martin au Pérou. Et Augustin Fromageot, Responsable Projet au sein de Forestera était présent.

Les maux dont souffre la forêt Amazonienne sont connus, les causes relativement bien identifiées. Nous ne découvrons pas le rôle de « l’agrobusiness », des grandes entreprises minières, l’impact de l’orpaillage illégal, ainsi que la responsabilité, voire la complicité de certaines personnes ou entités politiques. Alors pourquoi un énième forum, si ce n’est pour réentendre les tristes statistiques de la déforestation ?

L’Amazonie est une forêt tropicale d’Amérique du Sud de 5 500 000 km2 (soit 10 fois la superficie de la France métropolitaine) qui s’étend sur 9 pays, le Brésil, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, la Colombie, le Venezuela, le Guyana, le Surinam, et la Guyane Française. Environ 40 millions de personnes y vivent et en vivent, en étroite relation avec la nature. La forêt d’Amazonie est aussi une fabuleuse réserve d’eau douce et elle joue un rôle très important dans la régulation du climat de notre planète. Le nombre d’espèces vivantes qu’elle abrite et la richesse des relations que ces dernières entretiennent entre elles en font aussi un véritable « hot spot » de la biodiversité.

Vous l’aurez compris, cette forêt est belle, emblématique, importante… et menacée. Son sous-sol est riche (or, pétrole, argiles, aluminium…), certaines variétés d’arbres sont recherchées, et les surfaces sont immenses. L’agriculture intensive, ainsi que les activités minières et forestières (légales et illégales) ont fait reculer cette forêt de 15 à 20% en 35 ans, et cette déforestation ne ralentit pas.

Ce forum réunissait environ 1 700 personnes de toute l’Amazonie, des responsables de communautés autochtones, des petits producteurs, des coopératives agricoles, des associations de femmes, des personnalités politiques locales, des ONG internationales, des entreprises privées. Les journées s’organisaient autour de 9 espaces de dialogues et de débats, où furent notamment abordées les thématiques suivantes : les femmes Panamazoniennes et Andines, la souveraineté et la sécurité alimentaire, les mégaprojets et l’extractivisme, l’éducation communautaire interculturelle, la jeunesse Panamazonienne et Andine, la communication Panamazonienne…

L’objectif principal de ce forum était de rassembler des témoignages. Que chacun puisse faire part de son expérience de l’Amazonie. Parler du présent vécu, et de l’avenir voulu. Dénoncer les économies prédatrices, la corruption, le bafouages des droits humains, la spoliation des terres, mais aussi promouvoir certaines initiatives positives, le rôle clé des femmes, les nouvelles formes d’agricultures comme l’agroforesterie. L’Amazonie est un monde qui se passe de frontières, et ce forum montre une vraie volonté de s’organiser autour de cette forêt pour en préserver la richesse sociale, culturelle et écologique. De la synthèse de tous ces témoignages, un premier agenda devrait voir le jour pour orienter les décisions politiques, sociales et économiques à prendre à l’échelle de l’Amazonie, et non plus seulement des Etats.

Répondez vous aussi à l’appel de la forêt par votre engagement citoyen en faveur de l’Amazonie !

Augustin Fromageot